Histoire d'hébergement

Dans la continuité de mon article précédent je continue à mettre de l’ordre dans mon informatique. Après le renoncement de confier à Hubic mes 70 Go de photos familiales j’ai recherché une solution classique : un hébergement de serveur avec suffisamment d’espace disque qui puisse à la fois accueillir mes photos (synchronisées en rsync) et mes services (blog, cloud) pour ne pas exploser ma facture d’hébergement.

L’hébergement c’est une belle jungle avec :

Tout d’abord il n’y a pas d’hébergeur miracle qui possède la meilleure offre du marché. En fonction du type d’hébergement (serveur physique ou virtuel) et de la gamme, on va trouver des offres plus intéressantes chez l’un ou chez l’autre.

Moi je cherchais un serveur virtuel VPS (pour sa flexibilité et son faible taux de pannel) avec une assurance de sauvegarde des données (snapshot ou espace FTP) pour rapidement tout restaurer en cas de panne. J’ai écarté les grossistes, ça ne m’intéresse pas d’avoir un hébergeur qui dépend d’un autre pour résoudre les incidents techniques. J’ai d’abord exploré le monde des petits hébergeurs où on trouve quelques perles (des hébergeurs à fond sur le Green IT) et des gens qui ne tiennent pas la route malgré un site Web alléchant.

Après deux expériences foireuses chez des petits hébergeurs, j’ai failli opter pour une Dedibox de Online : du serveur physique à un prix plancher ; le pendant chez OVH est la gamme Kimsufi. Du serveur physique, pas très cher donc, mais avec souvent un service minimum (pas de RAID, pas de sauvegarde). Dedibox propose 100 Go de FTP et ça me semblait pas mal, sans surprise. je connais l’offre à titre professionnel : le taux de dispo est impressionnant et la bande passante très bonne. Seul hic, c’est un peu en dessus de mon buget de 9 euros HT par rapport aux 8 euros TTC d’aujourd’hui chez FirstHeberg. Par contre, avec une Dedibox j’avais un gros disque de 1 To.

J’allais me lancer quand j’ai aperçu les offres Scaleway sur le site Online. C’est quoi Scaleway ? C’est une filiale de Online avec un positionnement Cloud. Le problème du terme Cloud, c’est qu’on l’a tellement usé et absusé (hein les marketeux) qu’on ne sait plus de quoi on parle là. Scaleway se positionne sur le créneau de Amazon AWS et de Google App Engine avec une offre tarifée à l’heure qui permet de faire du pilotage / de l’orchestration pour par exemple automatiser des déploiements de nouveaux serveurs dans le cadre d’une intégration continue d’un logiciel en cours de développement, ou démarrer une grappe de serveurs supplémentaire pour absorber une charge Web dans le cas d’un architecture balancée. Pour cela, ils proposent des API et un matériel original puisqu’il s’agit d’un serveur physique peu performant basé sur une architecture ARM. Je parle ici du serveur C1, leur premier modèle. L’offre est originale car ce genre d’orchestration se fait généralement sur du virtuel pour sa souplesse à stopper, démarrer, reconfigurer des VMs et eux proposent un micro serveur qui ne consomme pas grand chose avec l’argument que sur du physique il n’y a pas d’inconnu sur la performance comparé au virtuel où votre voisin (que vous ne connaissez pas) a mangé la CPU de l’hyperviseur. C’est donc un peu comme si on avait un Raspberry chez un hébergeur avec une grosse bande passante. Ils arrivent à mettre plus de 900 serveurs dans un rack 1U. Le côté green IT m’a séduit.

Et l’espace disque ? C’est l’autre grosse particularité de l’offre. L’espace disque est attribué par tranche de 50 Go (1 euros la tranche) et géré dynamiquement puisque la vocation du Scaleway est d’offir la même souplesse que les VPS : stopper, déplacer, redéployer… Donc en fait, les données sont centralisées (dans un gros NAS). Et au démarrage d’un serveur, elles sont rapatriées pour être attachées au boot. Quand le serveur est stoppé, elles sont réécrites dans le central. Pour quelques centimes, on peut conserver un snapshot de notre disque.

Ce qui m’a plus dans cette offre ce sont les points suivants :

Est-ce que c’est une offre adaptée à un hébergement classique ? Clairement, ce n’est pas la cible et le Scaleway n’a pas été conçu pour héberger un blog et quelques services Cloud mais il peut le faire avec un bémol sur l’arrêt / relance du serveur : le temps de rapatriement des données vers l’espace central est très long. Surtout qu’aux 50 Go de base, j’ai souscrit un volume supplémentaire de 100 Go pour stocker mes fameuses photos. J’ai tout stoppé pour réaliser un snapshot du disque système (pas de snapshot à chaud) mais on ne stoppe pas un serveur régulièrement donc c’est gérable. Autre point à prendre en considération : l’architecture ARM est supportée par peu de distributions. Sans surprise, j’ai choisi Debian. Tout ajout de logiciel qui ne ferait pas partie du système de paquets nécessite une compilation pour la plateforme ARM.

J’ai achevé ma migration vers Scaleway depuis un mois et jusqu’ici tout va bien :-)